Adrien - photo by Sébastien Barbieri

Adrien

Adrien

Je rentre à la maison.. personne, alors je commence à déballer les courses…

Et puis j’entends comme le gémissement d’un chat… mon inquiétude monte… des pleurs?

Je cherche la source, l’appartement n’est pas grand… mais je n’entends plus rien, pas dans la chambre? Dans la salle de bain, j’entre, il fait sombre, j’allume.

“Non pas la lumière!”

Elle est là couchée dans le bain, encore un gémissement… je me met à genoux et m’approche… je lui parle …

Puis c’est un petit peu confus, une contraction toutes les 2 minutes??? hum, perdu les eaux?

Pas évident, on ne sait pas… je contacte chantal, rendez-vous à l’hopital.

J’ai compris: c’est parti!

“Je ne suis pas prête”

Moi non plus

Vite la check list, tout est heureusement super bien organisé… quel femme! J’ai de la chance!

J’emballe ce qu’il me manque, brosse à dent, peigne, brosse, coton, vêtements…

Premier voyage on charge la voiture.

Je remonte, chemise ample, peignoir, chaussure, essuies…

Merde il y a du sang… qu’est-ce qu’elle disait encore?

  • rouge vif: urgence

  • rouge foncé, c’est pas trop grave mais faut pas trop trainer…

Putain, il fait tout noir, je vois rien… soyons positif, rouge foncé.

On sort de la baignoire… toujours une contraction toute les 2 minutes.

Elle soufre, mais elle tient le coup… entre 2 contraction on en profite, on bouge.

Il faut rester mobile! (j’entendais cette phrase dans ma tête)… soit agile, souple, mobile, profite de chaque instant… on avance vers la délivrance… ensemble.

Sortie de l’appart, les lumières sont toujours allumée, on claque la porte, ascenseur, on en sort… nouvelle contraction, elle est seule, je sors la voiture et l’approche.

On cherche une place devant?

“Non pas devant c’est pas possible, je vais aller derrière”

Pas de ceinture… va falloir y aller soft, tout en douceur, agile, souple, mobile.

Je met sa couette à l’arrière, elle jette tout ce qui est inutile en dehors de la voiture, je range tout dans le coffre.

Dernier check, ok elle monte… non elle monte pas: contraction, je masse le dos, comme on à appris, entre les deux points, avec la contraction… ça passe… elle doit monter, il faut qu’on y aille. Courage mon amour.

C’est bon, je fais le tour, re-démarrage en souplesse, sortir du garage, autoroute, carrefour, pas prendre de risque, pas de ceinture.

Souple, agile, mobile… on avance doucement, merde des travaux, ça va pas de bouchon.

Doucement, là je connais la route, des bosses, on ralenti, je change de bande sur la troisième bande moins de bosses.

Anderlecht… anderlecht… Lennik… Erasme oui c’est ça, pourquoi j’ai oublié mes lunettes merde…

C’est bon, le décathlon à gauche avec le Cora… ok on continue, je lui masse le dos, de toute façon c’est 50 ici…

Bon les urgences, le panneau jaune fluo, je fait lentement le tour du rond point… c’est ici quelque part… oui voilà, c’est bon…

Une goutte de sueur s’écoule lentement sur ma tempe… je n’ai pas failli, ma mission est simple l’accompagner du mieux que je peux. Pas d’erreur, pas de perte de temps, chaque seconde compte. Et je ne sais toujours pas si c’était rouge vif ou pas….

Je me gare mais pas devant l’ambulance… agile. Est-ce qu’une voiture sais passer … oui ok, on coupe le moteur… je sors. Direction les urgences, j’explique.

On rentre, la paperasserie… encore une contraction, un long gémissement, un râle… ça dure une minute.

Je masse le dos, les jambes, donne moi ta souffrance… donne moi ta souffrance, je peux prendre…

Ca passe… paperasserie, paperasserie…

Contraction. Putain on va pouvoir rentrer oui?

Du calme! Souple, agile… ça va aller, des milliers de génération l’ont fait avant nous dans la bois, sous la pluie, dans une caverne… c’est pas l’endroit le problème, c’est le gens, qui regarde, qui traîne, qui sont dans le chemin… ne pas tuer… agile, souple, poli… on s’adapte, on feint, on ment: “Pardon madame vous -êtes légèrement dans le chemin pourriez-vous bouger?” – “Espèce de grosse P. tu vas te bouger de là avant que je te défonce la G. à coup de pompe?”… calme on s’adapte, la violence ne résout rien… mais l’imaginer ça soulage déjà.

On avance.. au fond à gauche… putain de planète tout est au fond à gauche, les chiottes, les ascenseurs, les maternités, les salles d’accouchement…

Au fond à gauche il y a un gars qui crève… c’est pas là… merde on perd du temps… chaque seconde compte…

“Pardon madame, pour accoucher c’est où?”

“Oui une contraction toutes les 2 minutes”

Elle souffre et on n’avance pas…

Je cherche, je trouve… on avance… les ascenceurs…

évidemment c’est toujours celui qui est le plus loin qui arrive… on monte.

On sort… un contraction… bébé avance, bébé avance et nous on stagne.

Courage mon amour…

Il pourrait pas juste mettre des couleurs et des lignes au sol qu’on n’ait plus qu’a suivre…. bordel!

Là quelqu’un… oui, oui, oui plus vite.

J’explique, appeler Chantal, elle nous suit, elle nous connais.

Ok, on est dans un pièce, on est en de bonne mains, elle connaît Chantal, elle va lui téléphoner…

Ffffffff, inspire… expire…., inspire, expire….

on respire ensemble, je peux me re-consacrer à elle, lui prendre sa souffrance… j’essaye…

Je respire toujours un petit peu plus lentement qu’elle… parfait elle me suis… ça passse…

Petite inspection de la sage femme de garde…

“Comment ça complètement dilaté?”

“Comment ça elle accouche?”

“Comment ça le travail à été fait?”

Elle a fait ça toute seule, à la maison, dans le bain, dans la voiture, dans l’hôpital tous les 20 mètres…

Seul, avec le bébé, ils ont fait leur petit bonhomme de chemin et voilà… on y est… c’est pas une fausse alerte… Putain, on ne nous parlait que de ça… fausse alerte, ne pas téléphoner à tout bout de champs, laisser faire la nature…

La nature elle vous nique tous!

Agile, souple, mobile… on continue, on va y aller, notre salle d’accouchement c’est là 6 à la fin du couloir… il y a un gars dans un fauteuil qui attends dehors, il sent la cigarette… Mais va t’occuper de ta femme couillon!!!

On y est.

Waw, c’est beau, c’est chaud, c’est agréable… Un bain-jacuzzi, un lit qui à l’air doux, de grands espace… et Vera, la sage-femme qui va faire l’accouchement si Chantal n’arrive pas.

Elle à l’air gentille, elle parle calmement à ma femme…

Après c’est très confus – encore – mais ça ce passe bien, ça avance… on change, on se retourne, de face, de dos… merde les positions c’était seulement jeudi, on n’a pas encore vu… on improvise.

Je parle au bébé avec mes mains entre 2 contractions, c’est moi qui tient le monitoring… tout près de son coeur… il bat!

Il bat! Le sang n’était pas rouge vif alors!

132, c’est pas Alex elle est toujours plus bas… plutôt 100 elle… 132 ça c’est un battement de coeur de bébé… rapide, souple, agile, mobile… vas-y mon bébé…

Ca va mieux… on respire, on inspire, on bloque… on pousse… on expire … lentement… il faut faire que chaque contraction compte… C’est pascal qui disait ça… Chaque contraction compte, il faut en profiter, c’est une aide!

Il y a évidemment plein de monde qui passe … mais rien que des femmes, gentilles, attentionnées…

Marie arrive, elle est gényco… Argl, je stress de nouveau… on discute… on a un “Projet de naissance”, je coupe le cordon que lorsqu’il arrête de battre. Deal? Deal!

Elle est gentille Marie, elle à les mots qui faut, elle est en train de faire des doudouce à Alex entre les contractions… OK je vais définitivement revoir mon jugement sur les gényco qui expédie un accouchement en deux coups de bistouri…

Elle est bien Marie elle nous aide, elle rythme la respiration, la poussée… elle est gentille.

Merci Marie… Merci Vera…

Bébé est bientôt là, je vois ses cheveux… enfin… une masse sombre qui pointe le bout de son crâne.

Et bébé sort, il crie, il ouvre un oeil… c’est mon fils!

On le met avec le cordon sur le ventre… je prends le pouls du cordon… c’est incroyable, ça bat!

Je t’aime mon amour, tu as été incroyable… Tu as tout fait toute seule, sans te plaindre, courageusement, jusqu’au bout… on a un beau bébé, il est souriant, il est doux, il sent bon.

Il est là contre toi et on est là à trois… tranquillement et simplement ensemble.

Tout le monde est parti… On attend une chambre on profite… on se regarde… on s’aime.

J’ai comme une boule dans la gorge, qui monte, qui monte et qui n’éclatera que tard dans la nuit le lendemain… Un sanglot, qui sort, tout seul, on sait pas pourquoi…

On là tous les trois, on est bien, les gens sont gentil, on se sent bien.

Et puis c’est de nouveau la course, tout ce qu’il restait à faire… mais là je me libère, je me détends… j’écris, ça me fait du bien.

Je voulais écrire à tous mes amis, mais je vais juste leur envoyer ce lien…

Ceux qui veulent peuvent participer à notre aventure en nous aidant pour notre liste de naissance: http://giftlist.dreambaby.be/giftlist/index.jsp

login: 179790

Mot de passe: FVR0771

J’ai aussi de besoin de quelqu’un pour aller chercher Yuki et Michaël qui reviennent du japon ce soir, vol: SK 0597 @1945 Zaventem, c’était pour moi… mais ce ne sera pas possible. Ma place est au-près de ma famille aujourd’hui.

Pour les visites, nous ne voulons pas de visites d’amis avant Jeudi. La famille est prioritaire et le repos de ma femme et de mon bébé le sont encore plus.

J’enverrai + d’infos par SMS.

Les données pour les fana de stats:

Tour de tête 34 cm

Taille: 48 cm

Poids: 2,840 Kg

La maman va bien, le bébé est heureux et le papa aussi.

Des photos:

Alexandra et Adrien Sébastien et Adrien

Vous êtes toujours là… alors vous faites probablement parties de nos amis… envoyer moi un petit mail et je coordonne les visites pour jeudi (ou plus tard à la maison).